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Para la Confianza · por un mundo sin abuso
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Revue · août 2021 · n° 14 · Fundación para la Confianza

Revue Por un Mundo sin Abuso · Août 2021 : Espaces de participation des enfants et des adolescents

Numéro d’août 2021, à l’occasion de la Journée de l’enfance : la Constitution et l’approche fondée sur les droits de l’enfance, les rêves d’élèves de quinto básico (cinquième année du primaire), Línea Libre, entretien avec Cecilia Domínguez, technologie dans les centres du Sename, autonomie progressive et conseils pour favoriser la participation à la maison.

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La Convention constitutionnelle et une approche fondée sur les droits de l’enfance et de l’adolescence

Portrait de José Andrés Murillo, directeur exécutif de la Fundación para la Confianza.
José Andrés Murillo · Directeur exécutif, Fundación para la Confianza

La Convention constitutionnelle travaille depuis plus d’un mois et son défi reste immense. Nos attentes d’une constitution fondée sur les droits de l’enfance sont ce que nous pouvons attendre de moins. Mais qu’est-ce que cela signifie ?

Pendant ces plus de dix années de travail avec des personnes qui ont subi de graves atteintes à leurs droits pendant leur enfance et leur adolescence, nous avons pu voir la même chose que ce que montrent depuis un certain temps les recherches sur l’adversité précoce et le traumatisme : ce que l’on vit pendant les premières années de la vie est déterminant pour le développement tout au long de la vie[^1]. Et pas seulement avec des conséquences sur la santé mentale, mais aussi physique, comportementale, juridique, professionnelle, familiale, financière. C’est la société tout entière qui subit les conséquences de ce qu’un enfant a vécu pendant son enfance. Ce n’est pas une affaire privée mais publique, du plus haut intérêt national. Le présent et l’avenir d’un pays dépendent en grande partie du bien-être des enfants qui s’y trouvent. Et ce bien-être n’est pas nécessairement un état naturel : il est le résultat de la construction d’un environnement facilitateur, sain, intégrateur, fruit d’une approche et d’une volonté claires. Ici, ce qui se passe dans la discussion constitutionnelle est bel et bien pertinent. Nous avons vu le Tribunal constitutionnel rendre des décisions qui vont à l’encontre de l’approche fondée sur les droits de l’enfance et de l’adolescence, précisément parce que l’actuelle Constitution de 1980 ne comporte pas cette approche.

Et qu’attendons-nous, alors ?

En premier lieu, une Constitution qui déclare, symboliquement et matériellement, une approche fondée sur les droits de l’enfance et de l’adolescence, telle que reconnue dans la Convention relative aux droits de l’enfant (1989). En conséquence de cette approche, la priorité absolue de l’enfance devra constituer un critère de décision politique, administrative et budgétaire du pays. De cette approche et de cette priorité dépendra tout le déploiement législatif et organique, pour que soit réellement créé le contexte propice au bien-être intégral des enfants et des adolescents. Car de ce bien-être dépend le bien-être intégral de tout le pays, aujourd’hui et demain.

José Andrés Murillo, directeur exécutif de la Fundación para la Confianza

[^1]: Robert Waite et Ruth Ann Ryan : Adverse Childhood Experiences. What students and health professionals need to know. Routledge, NY, 2020.

Quel est ton rêve pour tous les enfants ?

Témoignage de deux élèves de la classe de quinto A (cinquième année du primaire) de l’établissement scolaire Mercedes Marín del Solar

Élève de quinto A

Un monde où il y aurait plus de respect et d’égalité, où la classe sociale, la nationalité, la couleur de peau ou une manière différente de voir les choses n’auraient pas d’importance, parce qu’au bout du compte nous sommes tous égaux et personne n’est plus ou moins que les autres. Un monde où il n’y aurait pas d’injustice et où les gens se mettraient à la place des autres. Et enfin, un monde où les gens seraient plus reconnaissants de ce qu’ils ont et où il n’y aurait ni envie ni rancœur. Nous pouvons tous apporter notre pierre pour avoir les mêmes chances d’avoir une vie digne et simplement pouvoir en profiter sans peur ni soucis.

Merci beaucoup de m’avoir invité à faire partie de la revue.

Élève de quinto A

Bonjour, j’étudie à l’établissement scolaire Mercedes Marín del Solar, en 5° A. Je vais vous raconter quels sont mes rêves pour nous, les enfants. Mes rêves pour les enfants du monde sont : que les enfants se respectent entre eux malgré la diversité qui existe, que les enfants ne subissent pas de harcèlement scolaire (et n’en fassent pas subir non plus), qu’ils soient empathiques et solidaires, qu’ils respectent leurs droits, qu’ils aient un endroit où vivre, de la nourriture pour manger, qu’ils soient gentils avec les autres, qu’ils aient une éducation de qualité, qu’ils puissent s’exprimer librement et qu’ils soient heureux avec leurs familles.

Et je remercie beaucoup pour l’occasion d’écrire dans la revue.

Línea Libre : le bien-être émotionnel des enfants, des adolescents et des jeunes compte vraiment

Actualités de la Fundación para la Confianza · Par Diana Bernal Allendes

Ce qui se passe dans le monde touche aussi l’enfance et la jeunesse. C’est pourquoi la Fundación para la Confianza offre une prise en charge psychologique gratuite aux enfants et aux adolescents par le projet Línea Libre (ligne d’écoute de la Fondation pour les enfants et les jeunes). Cette prise en charge est gratuite et vise à garantir le droit à la participation et à la santé des enfants et des adolescents.

Promouvoir les droits des enfants et des jeunes est une mission très importante pour la Fundación para la Confianza. C’est pourquoi elle a décidé, en 2019, de rouvrir Línea Libre, un canal d’orientation psychologique gratuit et confidentiel qui avait été géré pendant quatre ans par la Fundación Anar, mais qui avait dû fermer en 2017 faute de ressources.

Aujourd’hui, les appels et les messages par lesquels des enfants et des adolescents demandent du soutien à l’équipe de professionnels sont nombreux. Le psychologue de Línea Libre et coordinateur de la prise en charge à distance, Diego Riveros, indique que l’âge des personnes qui prennent contact va de 10 à 18 ans, avec une fréquence plus élevée chez les adolescents de 15 à 18 ans.

  • 10 à 18 ansâge des personnes qui prennent contact ; plus fréquemment, de 15 à 18 ans
  • 68 %préfèrent communiquer par le chat de l’application Línea Libre
  • 15 %choisissent l’appel téléphonique
  • 5 %optent pour le courriel
Comment ils communiquent avec Línea Libre, selon Diego Riveros (la revue dit « plus de 68 % »).

Il rapporte par ailleurs que plus de 68 % des utilisateurs préfèrent communiquer par le chat de l’application Línea Libre, une préférence attribuée à l’intimité et à l’immédiateté de cette voie, mais aussi « au type d’expérience que les adolescents et les enfants vivent avec le monde en ligne, qui leur permet d’être en même temps dans d’autres activités ». De leur côté, 15 % choisissent l’appel téléphonique et les 5 % restants optent pour le courriel.

Riveros commente que « les principaux motifs de consultation concernent des thèmes de santé mentale comme l’anxiété, l’angoisse et les idées suicidaires » ; et, dans bien des cas, ils sont étroitement liés à ce qui se passe dans le pays. C’est ce qu’ils ont constaté pendant le contexte agité de la crise sociale d’octobre 2019 et, récemment, avec la pandémie et les restrictions sanitaires.

L’incertitude qu’ont apportée le début de la pandémie et le confinement, ainsi que la crainte qu’un proche soit contaminé par le COVID-19, étaient des préoccupations marquées dans les conversations avec les professionnels de Línea Libre. Les mesures de distanciation qui ont limité les relations sociales pourraient avoir affecté le bien-être émotionnel des jeunes enfants et le processus identitaire des jeunes.

« Tout cela s’est additionné, et des enfants et des adolescents ont pris contact avec nous, et cela a directement affecté leur expérience émotionnelle », assure le psychologue. Il ajoute que le monde adulte a tendance à minimiser ce qui peut leur arriver, surtout sur le plan émotionnel.

Des discours qui relient leurs sensations et leurs sentiments à un phénomène passager propre à l’âge, ou qui émettent des préjugés et des jugements de valeur dans des phrases comme « tu exagères, ne sois pas si dramatique », apparaissent clairement lorsqu’un enfant ou un jeune dit vouloir aller voir un psychologue : on lui répond qu’il n’a pas besoin d’aide professionnelle ou que cela ne lui servira à rien.

À ce propos, Riveros insiste sur la nécessité de disposer d’instances où ils puissent être écoutés et exercer leur voix, comme l’est Línea Libre, où ils construisent eux-mêmes leurs possibilités d’action, en prenant part directement aux affaires qu’ils jugent importantes.

Línea Libre est un espace de prise en charge assisté par des psychologues, où le bien-être de l’enfance et de la jeunesse est primordial. Les horaires d’accueil sont du lundi au samedi, de 10 h à 20 h. Vous pouvez les joindre gratuitement et en toute sécurité en appelant le 1515, par l’application Línea Libre, disponible pour les appareils mobiles Android sur Google Play et pour iOS sur l’App Store, ou encore depuis le formulaire de contact du site www.linealibre.cl.

Cecilia Domínguez : « La participation des enfants est le moteur du changement social au Chili »

Entretien · Par Daisy Seguel

L’universitaire en droit de l’Universidad de Chile et chercheuse de la même faculté nous parle de l’importance d’ouvrir des espaces de participation et d’écoute pour les enfants et les adolescents, et de la responsabilité des adultes pour faciliter cette tâche afin de construire une responsabilité citoyenne.

Portrait de Cecilia Domínguez, aux longs cheveux châtains, en sweat couleur sable.
Cecilia Domínguez, universitaire en droit de l’Universidad de Chile.

Au Chili, l’explosion sociale (estallido social) a été l’un des mouvements qui ont marqué l’histoire du pays, et l’une des nombreuses manifestations nées de la mobilisation d’élèves, aboutissant à ce que nous vivions aujourd’hui un processus constituant. Malgré cela, l’importance de la participation des enfants et des adolescents en dehors des espaces les plus conventionnels reste un sujet souvent débattu.

Pour Cecilia Domínguez, professeure à l’Universidad de Chile et membre de l’Asociación Chilena Pro Naciones Unidas (ACHNU, Association chilienne pour les Nations Unies), il est important de souligner la multicausalité de ce phénomène. L’un des aspects est la vision adultocentrique marquée par le système juridique, ce qui la conduit à expliquer que « les enfants ne peuvent pas agir seuls, ils agissent avec des représentants dans la vie civile. Je crois qu’il existe une culture qui les traite comme des êtres incomplets, en attente de mûrir ».

Comprendre la participation comme l’exercice d’un droit est un autre facteur important dans cette discussion, car, comme le signale Domínguez, cela permet le développement intégral de l’enfance, et ne pas la favoriser a des conséquences. « D’une certaine manière, cela nous touche ; on peut le voir chez les enfants et les adolescents qui sortent de cuarto medio (dernière année du secondaire) : beaucoup d’entre eux n’ont pris aucune décision dans leur vie, et on leur demande d’une minute à l’autre de se comporter comme des adultes alors qu’ils n’ont aucun outil », précise-t-elle.

Selon Domínguez, la participation dès le plus jeune âge est le début de la manière dont nous construisons la citoyenneté, pas seulement du point de vue politique, mais dans toutes les affaires qui concernent les enfants. À ce propos, elle précise que « lorsque les enfants peuvent déjà exprimer des désirs et des préférences, nous, les adultes, devons créer des conditions pour lire cela et prendre des décisions. C’est la seule manière pour qu’ils se connectent au monde et qu’ils deviennent aussi responsables de leurs décisions ».

« Cela n’a rien à voir avec le fait que les enfants fassent ce qui leur plaît, quand ça leur plaît, et décident seuls de leur vie. Non, il s’agit de parents ultra présents qui créent des conditions. » Cecilia Domínguez

Cela pose clairement un défi et demande un grand effort aux adultes, car la participation pendant l’enfance n’est pas non plus quelque chose qu’ils ont vécu ; il est donc courant qu’ils ne sachent pas comment créer ces conditions. « Ce n’est pas parce que nous avons été enfants et adolescents que nous savons quelle est la vision du monde des enfants d’aujourd’hui ; nous n’en avons aucune idée, et nous perdons tout ce patrimoine culturel, la société perd une partie de son regard sur elle-même », expose Domínguez.

L’un des changements les plus importants à opérer pour avancer sur ce point, selon Domínguez, est de modifier le système éducatif, qui, à son avis, offre une participation presque nulle où les élèves pourraient réfléchir et développer une pensée critique. Par ailleurs, elle parle du rôle que jouent les garants, les pères et les mères, dans la création de ces espaces, en comprenant la différence entre participation et négligence, en soutenant que « cela n’a rien à voir avec le fait que les enfants fassent ce qui leur plaît, quand ça leur plaît, et décident seuls de leur vie. Non, il s’agit de parents ultra présents qui créent des conditions ».

Enfin, Domínguez affirme que, pour favoriser tout cela, il faut une politique publique qui exige des espaces de participation, mais que le point zéro de la conversation est que l’État comprenne qu’en parlant de droits humains, il parle aussi des enfants.

Manque préoccupant d’accès à la technologie dans les centres du Sename

Actualité · Par Diana Bernal Allendes

La coordinatrice de l’Observatorio Para la Confianza (observatoire de la Fondation), Sofía Aliaga, assure que le problème du faible accès à la technologie dans les centres du Sename « en est un de plus qui s’ajoute à la liste de la désinvolture historique de l’État envers les enfants qui sont sous sa protection ».

Portrait de Sofía Aliaga, aux longs cheveux, en veste bleu foncé.
Sofía Aliaga, coordinatrice de l’Observatorio Para la Confianza.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, une nouvelle faiblesse est apparue au grand jour au Servicio Nacional de Menores (Sename, service public chilien de protection de l’enfance). Cette fois, il s’agit de l’accès limité à la technologie pour les enfants et les adolescents, qui en ont besoin pour communiquer avec leurs proches et pour poursuivre leur scolarité à distance, en raison des mesures sanitaires qui ont restreint les activités en présentiel.

Si l’institution estime que le rapprochement avec la technologie permet aux enfants de développer leurs potentialités et de grandir dans l’égalité des chances, elle reconnaît aussi qu’elle a beaucoup à faire. Car la disponibilité d’outils technologiques, la plupart du temps, ne correspond pas au nombre d’enfants qui en ont besoin.

La coordinatrice de l’Observatorio Para la Confianza Sofía Aliaga commente que le Sename leur a indiqué, en réponse à une demande, que les résidences familiales de Quillota et de Villa Alemana ne disposaient d’aucun équipement (téléphone portable, tablette ou ordinateur) l’année dernière. Tandis que, dans le centre de protection Entre Silos, à Talca, il y a 14 enfants par appareil, une situation qui se répète à moindre échelle dans d’autres établissements.

  • Aucun équipementdans les résidences familiales de Quillota et de Villa Alemana pendant l’année précédente
  • 14 enfants par appareildans le centre de protection Entre Silos, à Talca
Réponse du Sename à une demande de l’Observatorio Para la Confianza, d’après la revue.

Rares sont les centres administrés directement par le Sename où chaque enfant dispose d’un appareil technologique ; l’un d’eux est la résidence de Coyhaique. Selon Aliaga, ce panorama ne surprend pas, car « en général, au Sename, il y a beaucoup de problèmes ; celui-ci en est un de plus qui s’ajoute à la liste de la désinvolture historique de l’État envers les enfants qui sont sous sa protection ».

Il suscite toutefois de l’inquiétude, car « ces enfants et adolescents qui sont dans ces processus de réunification familiale ont besoin de maintenir un contact fluide et constant avec leur famille pour pouvoir se sentir en faire partie et réparer d’une certaine manière le dommage émotionnel qu’ils peuvent avoir ». En outre, la coordinatrice de l’Observatorio Para la Confianza signale que ce sont parfois les éducateurs en contact direct (educadores de trato directo) qui prêtent leurs téléphones personnels aux enfants pour qu’ils contactent leurs familles.

En ce qui concerne l’éducation, Aliaga indique que le manque d’équipements « indique que, probablement, le déroulement de l’année scolaire au Sename en 2020, dans ces résidences, n’a pas été adéquat ni celui qu’on attendait ». Elle ajoute que « le fait que l’accès à la technologie ne soit pas si facile pour les enfants du Sename peut signifier que cela entraînera ensuite une fracture numérique », qui s’ajouterait à la fracture éducative qu’ils ont déjà.

« Le Sename devrait disposer d’équipements, laisser les enfants les explorer, leur proposer des ateliers, etc., afin qu’ils soient préparés à sortir dans un monde piloté par la technologie », conclut-elle.

Qu’est-ce que l’autonomie progressive et pourquoi suscite-t-elle un conflit ?

Actualité · Par Héctor Espinoza

C’est l’un des principes consacrés par le projet de loi sur les garanties et la protection intégrale des droits de l’enfance et de l’adolescence que la coalition au pouvoir a utilisé pour saisir le Tribunal constitutionnel. La proposition législative a en outre reçu un veto du président Sebastián Piñera, qui a été rejeté par la Chambre des députés.

Selon le Défenseur des droits de l’enfant du Chili (Defensoría de la Niñez), l’autonomie progressive est « la capacité des enfants et des adolescents d’exercer leurs droits à mesure qu’ils se développent physiquement et mentalement ». Elle est entendue comme un processus graduel qui, au début, requiert la présence d’une personne adulte qui veille à la garantie de leurs droits.

Bien que reconnu dans la Convention relative aux droits de l’enfant, ratifiée par le Chili en 1990, ce concept a été mis en cause par les blocs les plus conservateurs du pays, retardant l’adoption d’une loi de garanties, qui compte déjà six ans de discussion législative.

L’avocate de la Fundación para la Confianza, Elvira Vergara, explique l’importance de l’autonomie progressive dans le développement de l’enfance, surtout quant à la faculté de décider de ses droits, et précise : « Cette autonomie offre un cadre au sein des relations parentales, car, d’un côté, elle opère comme une limite à l’autorité des pères ou des mères et, de l’autre, elle renforce l’idée que les enfants et les adolescents sont des sujets de droits distincts de leurs parents, en tenant compte de leur intérêt supérieur ».

Selon Vergara, on croit parfois qu’introduire l’autonomie progressive dans la discussion sur les droits de l’enfance restreint le droit des parents ; à ce sujet, elle explique : « certains considèrent qu’il existe une antithèse entre l’autonomie progressive et le devoir prioritaire des parents d’éduquer leurs enfants, ce qui n’est pas le cas, car ils sont étroitement liés. Pour qu’un enfant se développe de manière optimale et avec une indépendance graduelle, le guidage et le soutien de ses parents ou de ses aidants sont fondamentaux, et la loi de garanties le prévoit ainsi ».

En outre, l’avocate de la fondation signale qu’il existe un paradoxe notable dans la législation concernant les droits et les responsabilités que les enfants et les adolescents peuvent acquérir aujourd’hui. À ce sujet, Vergara avance : « Ils ont la maturité suffisante pour relever du régime de responsabilité pénale des adolescents, la loi du travail leur permet d’être partie à une relation de travail et la loi civile leur permet d’administrer leur pécule professionnel (peculio industrial), mais il y a une résistance à leur permettre d’exercer leurs droits, ce qui limite leur autonomie progressive ».

Ce que la loi leur permet déjà
  • Relever du régime de responsabilité pénale des adolescents
  • Être partie à une relation de travail
  • Administrer leur pécule professionnel (peculio industrial)
Là où il y a une résistance
  • Leur permettre d’exercer leurs droits, ce qui limite leur autonomie progressive

Par ailleurs, Vergara souligne la nécessité de reconnaître le rôle politique que jouent les enfants dans la société, en soutenant : « Nous sommes habitués à parler et à décider pour les enfants, comme l’ont généralement fait les groupes de pouvoir à l’égard des groupes opprimés ; reconnaître ce principe nous permettra donc d’avancer vers une reconnaissance mutuelle où nous, les adultes, apprenons aussi des enfants, et où nous sommes capables d’écouter et d’inclure leur opinion, par un dialogue respectueux ».

Enfin, Vergara évoque l’urgence d’établir une loi de garanties au Chili pour construire des politiques publiques avec une approche intégrale et transversale à partir de l’enfance ; face à la saisine de la coalition au pouvoir, elle conclut : « Malheureusement, le Tribunal constitutionnel a accueilli la saisine d’un groupe de parlementaires et a déclaré inconstitutionnels certains aspects du concept d’autonomie progressive, bien qu’il ait été longuement débattu par le pouvoir législatif. Cela nous motive à continuer de travailler pour la pleine reconnaissance des droits des enfants et des adolescents ».

Comment favoriser la participation des enfants et des adolescents à la maison ?

Conseils · Línea Libre

  1. Admettre que l’arrivée des enfants au foyer implique des changements dans notre mode de vieEn tant qu’adultes, nous devons être disposés à négocier la construction de nos espaces. Les enfants sont à des étapes différentes du développement et leurs besoins de vie commune sont différents.
  2. Observer les enfants dès la toute petite enfanceNous devons être capables d’observer ce qui a du sens pour les enfants et ce qui n’en a pas. Les crises de colère sont de grands moments de participation des enfants et tiennent à des choses qui ne fonctionnent pas, pour eux, dans la vie commune à la maison.
  3. Construire des espaces d’écouteLorsque les enfants savent qu’il y a des moments où ils seront écoutés, ils attendent normalement ces moments pour dire ce qu’ils ont à dire ; en revanche, lorsqu’ils croient qu’ils ne sont jamais écoutés et qu’ils doivent crier fort pour qu’on les écoute, c’est ce qu’ils feront.
  4. Organiser des tables de participationCe sont des instances qui se mettent en place quand on en a besoin et qui touchent à la prise de décisions familiales. Elles sont cruciales pour la participation des enfants et, plus elles sont formalisées, plus il est facile de construire peu à peu une participation fluide, puisque les enfants savent quand ils seront écoutés.
  5. Il n’y a pas de meilleurs négociateurs que les enfantsSouvent, en tant qu’adultes, nous avons des engagements, et il est normal que les enfants doivent s’y plier, mais il est crucial d’avoir une conversation pour expliquer le pourquoi des décisions. Cela ouvre un autre espace pour construire de meilleures conditions dans l’environnement des enfants.
Cinq conseils tirés des fiches de Línea Libre publiées dans la revue.

À propos de cette édition. Version web de la revue Por un Mundo sin Abuso n° 14 (août 2021), publiée en PDF par la Fundación para la Confianza, avec les coquilles corrigées et de nouveaux graphiques qui résument le contenu. Les chiffres et les références juridiques correspondent à la date de la revue. La Línea Libre mentionnée dans ce numéro est aujourd’hui suspendue. Dans le témoignage des deux élèves de quinto A, leurs noms ont été omis. Télécharger le PDF original (en espagnol)

Équipe éditoriale. José Andrés Murillo, directeur. Verónica Uzcátegui, rédactrice en chef. Diana Bernal Allendes, Sofía Aliaga, Héctor Espinoza, Daisy Seguel et Elvira Vergara, collaboratrices et collaborateurs. Cristhian Sotomayor, conception graphique et mise en page.

Traduction de la Fundación Para la Confianza. En cas de différence, la version espagnole prévaut. Version espagnole.