Revue · n° 12 · Fundación para la Confianza · mai 2021
Revue Por un Mundo sin Abuso · Mai 2021 : Journée nationale contre l’exploitation sexuelle commerciale des enfants
Numéro de mai 2021, à l’occasion de la Journée nationale contre l’exploitation sexuelle commerciale des enfants (18 mai) : la dignité et la bientraitance, le langage pour parler d’exploitation sexuelle sans stigmatiser, un entretien avec Denisse Araya, la diversité culturelle au Chili, la loi Pascua (Ley Pascua) et comment repérer l’exploitation.
Sommaire
- La dignité et la bientraitance
- Témoignage : exploitation sexuelle commerciale
- Parler d’exploitation sexuelle sans stigmatiser les victimes
- Entretien avec Denisse Araya
- Diversité culturelle au Chili
- Loi Pascua : un obstacle à Rapa Nui
- Comment repérer qu’un enfant ou un adolescent est victime d’exploitation ?
La dignité et la bientraitance
La bientraitance va au-delà de la simple courtoisie. Elle repose sur quelque chose dont nous parlons beaucoup et que nous comprenons peu : la dignité. Les droits humains se construisent sur le principe de la dignité. C’est la dignité qui est le soutien existentiel et politique permettant la construction des droits que nous partageons toutes et tous du seul fait d’être humains. La dignité n’est pas un attribut de plus des personnes ; elle est le fondement intangible mais présent, comme la lumière qui rend le regard possible, tout en étant elle-même invisible.
Le philosophe chilien Juan Manuel Garrido, dans son livre sur les fondements des droits humains El imperativo de la humanidad (L’impératif d’humanité), dit que « l’impératif d’humanité1 nous presse de regarder », c’est-à-dire de faire et de tenir présente l’humanité. Nous pourrions ajouter que l’impératif d’humanité nous presse d’écouter et d’agir. La dignité exige de tenir présente l’humanité dans chaque rencontre concrète avec chaque personne, mais aussi dans chaque conception de politique publique, de règlement, de Constitution. Écouter signifie aller à la rencontre de l’autre, qui est toujours au bord de l’isolement, de la chosification, de la déshumanisation.
L’écoute peut être transformatrice, tant pour celui ou celle qui parle que pour celui ou celle qui reçoit ces paroles. C’est ce que certains ont appelé « l’écoute active », parce qu’elle intervient, qu’elle tire souvent de l’absurdité de l’isolement, de l’angoisse solitaire. Il ne s’agit pas seulement de se taire pour qu’une autre personne parle. L’écoute active montre à celui ou celle qui parle que cela vaut la peine, que la rencontre humaine a un sens. L’écoute est active lorsqu’elle rend de nouveau présente la dignité.
Enfin, l’impératif d’humanité presse d’agir, c’est-à-dire de transformer les conditions dans lesquelles se trouvent les personnes. Que leur contexte soit le reflet et la reconnaissance de leur dignité et non son contraire. Telle est la véritable action que l’impératif d’humanité rend urgente.
Valentina Correa, directrice par intérim de la Fundación para la Confianza
1 Juan Manuel Garrido, El imperativo de la humanidad (sous-titre : « le fondement esthétique des droits humains chez Kant »), Editorial Orjik, Santiago, 2012.
Témoignage : exploitation sexuelle commerciale des enfants et des adolescents
Par Arturo Greene
En tant que Fondation, nous avons eu l’expérience d’accueillir des victimes d’exploitation sexuelle commerciale et nous connaissons les traces qu’elle laisse dans la vie et le développement de celle ou celui qui la subit. Nous savons aussi que le principal défi que cela représente pour la personne touchée est de pouvoir se reconnaître victime, car le milieu, l’exploiteur ou l’exploiteuse et elle-même se culpabilisent d’avoir consenti à obtenir quelque chose en échange de ces relations sexuelles, même si ce n’est pas le cas.
Ce qui constitue l’exploitation commerciale en tant que telle, c’est l’échange, de quelque nature que ce soit, contre des services sexuels de la part d’une personne de moins de 18 ans. En ce sens, même si cela peut aussi constituer d’autres délits, offrir une faveur, un cadeau ou même de la nourriture à un enfant en échange d’une interaction sexualisée à laquelle il ne consentirait pas autrement pourrait constituer une exploitation.
Le consentement de la personne de moins de 18 ans, même apparent, n’est ni réel ni valide ; non seulement à cause de l’incitation perverse que suppose l’objet de l’échange, mais aussi à cause de la situation de détresse dans laquelle se trouve généralement la victime et qui l’amène à se trouver dans cette position face à l’adulte qui l’exploite.
Au Chili, comme dans d’autres pays de la région et du monde, l’exploitation sexuelle commerciale des enfants et des adolescents est une réalité non seulement rendue invisible, mais aussi déguisée. Il est donc important que, nous toutes et tous, professionnels et professionnelles qui travaillons au contact de ce type de violations, comprenions ce qui se trouve derrière ce type d’« offre », et que psychologues, travailleurs sociaux, avocats, procureurs et juges en apprennent davantage sur le consentement sexuel et ses vices, de sorte que nous n’ajoutions pas au problème mais fassions partie de la solution à cette grave réalité qui ne cesse de toucher les enfants de notre pays.
Arturo Greene
Parler d’exploitation sexuelle sans stigmatiser les victimes
Actualités de la Fundación para la Confianza · Par Marcela Valdebenito
L’exploitation sexuelle désigne l’abus d’une position de vulnérabilité, de pouvoir ou de confiance à des fins sexuelles pour tirer profit de l’exploitation d’une autre personne. Il est donc important d’éradiquer les mythes et les préjugés qui existent sur ce sujet par le bon usage du langage.
Dans le cadre de la Journée nationale de lutte contre l’exploitation sexuelle commerciale des enfants, il est important que nous connaissions toutes et tous les termes appropriés pour en parler, sans stigmatiser les victimes par le langage, ce que nous voyons souvent reproduit dans les médias ou dans notre quotidien.
La traite des personnes se définit comme « le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace ou l’emploi de la force ou d’autres formes de contrainte, l’enlèvement, la fraude, la tromperie, l’abus de pouvoir ou d’une situation de vulnérabilité ou l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre à des fins d’exploitation », selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime.
De même, il est expliqué que l’exploitation implique au minimum le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes humains, l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle. Cette dernière est une pratique souvent rendue invisible, car il n’existe que des chiffres approximatifs qui reflètent cette réalité, en raison de l’impossibilité pour les victimes de porter plainte.
Par ailleurs, le traitement donné à ces concepts s’est accompagné de préjugés qui finissent par stigmatiser les victimes. Le terme « prostitué » ou « prostituée » est mal employé lorsqu’il s’agit d’enfants ou d’adolescents, car il n’existe pas de volonté véritable de leur part d’exercer le commerce sexuel : ils se trouvent dans une situation de vulnérabilité ou de menace.
Dans la même ligne, un autre préjugé installé, que nous devons éradiquer, concerne la situation socioéconomique des victimes : on croit qu’elles vivent dans la pauvreté. Toutes les victimes ne se trouvent pas nécessairement dans cette situation ; nous avons vu qu’internet a apporté de nouvelles formes d’exploitation sexuelle par l’extorsion ou la menace de la part des auteurs des violences.
Le terme approprié sera donc « exploitation sexuelle des enfants et des adolescents » lorsque nous parlons des victimes qui participent à cette activité sexuelle en échange de quelque chose. Par exemple un gain ou un avantage, ou même la promesse de ces choses, reçus par un tiers, l’agresseur ou l’agresseuse, ou même l’enfant ou l’adolescent lui-même. Il est important de rappeler que les enfants et les adolescents sont contraints d’exercer cette activité par la force physique ou la menace.
Enfin, nous utiliserons le concept d’« exploitation sexuelle commerciale des enfants et des adolescents », qui se distingue du précédent lorsqu’on a la certitude qu’il existe un bénéfice économique pour la personne qui exploite la victime. Il est souvent lié à la criminalité organisée, dont la principale motivation est son propre profit, comme les portails internet qui fournissent des enfants et des adolescents à des fins d’abus sexuel ou diffusent du matériel d’abus sexuels les concernant.
Denisse Araya : « Nous ne devons jamais utiliser le terme “prostitution infantile” »
Entretien · Par Ignacio Flores
À l’occasion de la Journée nationale de lutte contre l’exploitation sexuelle commerciale des enfants, nous nous sommes entretenus avec Denisse Araya, présidente du conseil d’administration de l’ONG Raíces, à propos des défis que nous avons au Chili et de certains concepts que nous devons changer.
Avant de commencer, la présidente de l’ONG Raíces fait une précision importante : le sigle à utiliser pour parler d’exploitation sexuelle commerciale est ESCNNA, qui signifie exploitation sexuelle commerciale des enfants et des adolescents. Araya précise : « ESCI (un autre sigle), c’est l’exploitation sexuelle commerciale des enfants, et où sont les adolescents ? Ce sont eux qui sont les plus touchés par ce problème. C’est pourquoi nous suivons les règles d’ECPAT International, qui se consacre depuis de nombreuses années à ce sujet, et dont nous faisons partie. »
Selon le Cadre d’action contre l’exploitation sexuelle des enfants et des adolescents, document créé par le ministère de la Justice en 2000, l’ESCNNA se définit comme « l’activité dans laquelle un adulte utilise une personne de moins de 18 ans à des fins sexuelles en échange d’argent ou de certaines faveurs comme un abri ou une protection ».
À propos de la réalité chilienne en matière d’abus, Denisse Araya précise qu’il est très difficile d’avoir des données concrètes, parce qu’on n’y a pas accordé l’importance voulue : « Le Sename (Servicio Nacional de Menores, service public chilien de protection de l’enfance) s’est engagé pendant des années, dans le Cadre d’action lui-même, à mener une enquête de grande ampleur, et la seule qui a été faite date de 2004, réalisée par l’ARCIS, le Sename et l’OIT. » Cette enquête a conclu que, pour cette année-là, 3 719 enfants et adolescents vivaient en situation d’exploitation sexuelle et commerciale. À propos de cette donnée, Araya dit : « Maintenant que nous avons parcouru le Chili, nous savons que ce n’est qu’une partie et qu’il y a beaucoup plus d’exploitation, mais il n’y a pas de quantification ».
Il existe une méconnaissance importante de ces thématiques, de l’ESCNNA ; la présidente dit : « L’exploitation sexuelle commerciale des enfants et des adolescents se distingue des autres types d’abus par l’échange ; celui-ci peut être en argent, en nature, en cadeaux, même en protection. Cette situation conduit la société à croire à tort que l’enfant ou l’adolescent a été “compensé”. L’exploiteur invalide l’acte délictueux au motif du consentement apparent de la victime ».
Un facteur qui influe largement, explique Araya, est que l’enfant ou l’adolescent exploité sexuellement se trouve souvent hors du système, sans recevoir d’éducation, et que son entourage proche naturalise souvent le commerce sexuel.
Sur les caractéristiques à prendre en compte pour repérer des cas d’ESCNNA, Denisse Araya affirme : « Des enfants qui passent la nuit dans la rue, qui bougent beaucoup, il y a beaucoup d’enfants qui sont tout le temps : maison, rue, Sename, ils n’ont pas de résidence claire, ils se déplacent dans différents endroits et à des heures assez inhabituelles. » Un autre facteur est leur rapport à la sexualité, précise Araya, car il y a des conduites inadaptées à leur âge, érotisées ou infantilisées ; il y a aussi des traces physiques, comme des coups, des marques, voire des infections sexuellement transmissibles, et une forte consommation de drogues et d’alcool.
Comme défi, Araya commente : « Ce qu’il faut faire, c’est avoir plus de centres d’accueil, mais un accueil véritable, pas seulement un groupe où l’on parle. Parce que, dans la plupart des cas, l’enfant victime d’abus ne parle pas, il se sent coupable. Ce sont des processus longs à travailler ».
Diversité culturelle au Chili : qui compose la population
Actualité · Par Marcela Valdebenito
Selon les derniers chiffres du recensement de 2017, le Chili est composé de 13 % de personnes qui se reconnaissent comme appartenant à un peuple autochtone. Quant aux immigrés, ils ne représentent qu’à peine 4 %. Il n’est pas exclu que ce chiffre augmente avec les années. Il existe cependant de nombreux préjugés à leur égard, qui finissent par les stigmatiser et les discriminer.
- 17 574 003personnes composent la population totale du Chili, selon le recensement de 2017
- 13 %(2 185 729 personnes) ont déclaré appartenir à un peuple autochtone ou originaire
- 4 %(746 465 personnes) sont des immigrés, selon l’INE
Notre pays est divers tant par sa géographie que par sa culture. Selon les chiffres du recensement de 2017, la population totale du Chili est composée de 17 574 003 personnes. Dans cet ensemble, 2 185 729 personnes, soit près de 13 %, ont déclaré appartenir à un peuple autochtone ou originaire. Les trois peuples à plus forte concentration sont les Mapuche, les Aymara et les Diaguita.
L’étude « Chile Dice 2018 », réalisée dans les trois principales villes du pays : Santiago, Concepción et Valparaíso - Viña del Mar, a interrogé mille personnes sur la diversité de genre, la diversité socioéconomique, la diversité migrante et la diversité des ethnies originaires. Sur ce dernier point, à peine 35,2 % des personnes interrogées ont mentionné rencontrer des personnes appartenant à des peuples autochtones, alors qu’elles constituent une part importante de la population. Cela s’explique toutefois par le fait que nous avons historiquement côtoyé les ethnies, que leur existence s’est naturalisée et a été reconnue.
Dans le cas des immigrés qui composent la population totale, selon la dernière enquête de l’Institut national de la statistique (INE), ils viennent principalement de pays comme le Pérou, la Colombie et le Venezuela et sont 746 465, soit à peine 4 % de la population du Chili. Même s’il s’agit d’un pourcentage faible, ce chiffre a crû de manière constante au cours des 25 dernières années.
Ainsi, « avec l’arrivée des migrants, nous avons vu qu’il y a de nouvelles saveurs, de nouvelles coutumes, de nouvelles couleurs dans notre société. L’arrivée d’un migrant signifie s’ouvrir à une culture nouvelle. Cela transforme les dynamiques sociales dans la mesure où cela signifie s’ouvrir à d’autres cultures, apprécier la diversité qui est propre à la vie en ville », explique María Paz Trebilcock, directrice du département de sociologie de l’Université Alberto-Hurtado et responsable de l’étude « Chile Dice 2018 ».
Cependant, tout le monde n’a pas la même capacité d’ouverture ; il existe beaucoup de jugements ou de préjugés associés à d’autres cultures, qui tiennent généralement au manque d’expérience de l’autre, explique María Paz. « La couleur de peau, les différences de coutumes, l’imaginaire de l’autre ne fonctionne pas toujours de manière positive. Ce qui est important, c’est l’expérience de l’autre, parce qu’elle transforme ce préjugé en un jugement (positif ou négatif) qui permet d’avoir une expérience de l’autre. C’est pourquoi la diversité de la ville et cette expérience permettent d’améliorer la tolérance envers ce qui est différent. »
La diversité culturelle présente au Chili est un fait et nous pouvons l’observer chaque jour. La probabilité que la population migrante augmente est élevée, puisqu’elle a connu une croissance constante selon les études mentionnées plus haut. Ainsi, abandonner les préjugés que les médias installent parfois, comme celui de les associer à la délinquance ou à la pauvreté, contribuera à l’inclusion. Il est important de rappeler que l’acte de migrer est un droit humain consacré par la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Loi Pascua : un obstacle à Rapa Nui
Actualité · Par Ignacio Flores
Publiée en 1966 et incorporant le peuple Rapa Nui à l’État chilien, la loi Pascua (Ley Pascua) est née comme une réparation du dommage historique causé par l’État aux habitants de l’île, mais elle a été controversée dès le premier moment, car deux de ses articles sont aujourd’hui considérés comme « anachroniques » par rapport à l’époque que nous vivons.
L’an dernier, au mois de septembre, une personne mise en cause pour viol (imputado) a demandé l’application de la « loi Pascua », dont l’article 13 consacre que : « pour les délits prévus aux Titres VII et IX du Livre Second du Code pénal chilien, commis par des natifs de l’île et sur son territoire, la peine infligée sera inférieure d’un degré au minimum de celles que prévoit la loi pour le délit dont ils sont responsables ». En d’autres termes, en appliquant cette loi controversée, une personne mise en cause pour viol peut voir sa peine réduite d’un degré.
Une précision : pour réduire la peine, il faut être « natif de l’île » et avoir commis le délit « sur son territoire ». L’article 14 de cette loi, pour sa part, consacre que le juge peut permettre que la personne condamnée soit privée de liberté pendant un tiers de la peine, les deux autres tiers pouvant être purgés hors de la prison. Un argument pour défendre ces articles est qu’ils font « partie de la culture ».
Pour les délits des Titres VII et IX du Livre Second du Code pénal commis par des natifs de l’île et sur son territoire, la peine est inférieure d’un degré au minimum fixé par la loi.
Le juge peut permettre que la personne condamnée soit privée de liberté pendant un tiers de la peine et purge les deux autres tiers hors de la prison.
Ximena Trengove, présidente de l’organisation communautaire fonctionnelle Maroa, de Rapa Nui, commente à propos de la loi Pascua : « Le plus préjudiciable, c’est le dommage et la souffrance qu’elle a causés dans les délits sexuels, qu’ils concernent des enfants et des adolescents ou des délits plus graves comme les viols. »
Pour Trengove, cette loi devient anachronique, car nous sommes aujourd’hui dans une société qui a évolué (rappelons que cette loi a été publiée en 1966) et qui présente des normes différentes de celles qui existaient autrefois. La présidente de Maroa dit : « Nous ne pouvons pas rester avec une loi, plus précisément deux articles (13 et 14), qui sont absolument décalés par rapport à notre réalité. »
Trengove souligne les tables de travail menées avec la Fundación para la Confianza : « Je tiens à le souligner parce que nous avons fait des formations, des tables de travail sur l’enfance et le genre principalement, et nous avons parlé de ces sujets ouvertement, avec des tables où étaient représentées les institutions et les programmes issus d’une structure de politique publique comme aussi du privé ».
Selon Trengove, depuis 2018, les thématiques d’abus se sont activées, tant par des pétitions, des marches, des tables de travail, entre autres initiatives. Elle précise aussi que, comme Maroa, ce qu’ils ont fait principalement, c’est écouter et « mettre en première ligne » ce que signifient les sujets de l’enfance.
Elle commente aussi que les tables de travail ont été composées d’avocats, de travailleurs sociaux, de volontaires et de psychologues qui ont problématisé les différentes facettes qui découlent des articles 13 et 14 controversés de la loi Pascua.
« Je dirais que, en ce sens, on a fait un bon travail d’éducation ; il y a un Instagram, une radio municipale que nous utilisons tous les vendredis, etc. Je lui donnerais une note de 6,5 (sur 7, dans l’échelle chilienne) pour ce qu’a signifié l’éducation », affirme Trengove, à propos du travail réalisé en lien avec la loi Pascua.
Comme message final, Ximena Trengove déclare : « Il est très important de réviser ces articles. Le fait que les portes se soient déjà ouvertes pour les réviser est très important ; maintenant, comment la consultation va-t-elle être menée ? C’est là que j’en appelle à la conscience des personnes, pour que nous votions de manière informée et soyons capables de reconnaître une modification ou une abrogation des articles ».
Comment repérer qu’un enfant ou un adolescent est victime d’exploitation ?
Conseils · Línea Libre (ligne d’écoute de la Fondation pour les enfants et les jeunes, aujourd’hui suspendue)
- Gestion de l’argentLe signe le plus fréquent est l’obtention, par des enfants et des adolescents, de grosses sommes d’argent ou d’objets coûteux. Par exemple des vêtements neufs ou des téléphones portables qui n’ont pas été fournis par leur famille ou les personnes qui les ont en charge, et dont l’origine est plutôt inconnue.
- Signes physiquesLes signes physiques de l’enfant ou de l’adolescent sont déterminants. La présence de maltraitance physique ou d’infections sexuellement transmissibles.
- Relations avec des adultesLa relation entre des enfants ou des adolescents et des adultes inconnus de leur entourage pourrait être un indice d’exploitation. Cela peut être un signal d’alerte tant pour leur famille que pour l’école, les amis ou d’autres personnes.
- État d’esprit et conduiteL’état d’esprit ou la conduite des enfants ou des adolescents est affecté lorsqu’ils sont victimes d’exploitation sexuelle et commerciale. Des signes de dépression, d’anxiété, d’agressivité et de faible estime de soi en sont des exemples. Certains ont des difficultés à l’école, manquent les cours et ont de faibles résultats.
Si vous êtes un enfant ou un adolescent et avez besoin de plus d’orientation sur ce sujet ou sur d’autres, vous pouvez parler avec un psychologue ou une psychologue de Línea Libre, de manière confidentielle et gratuite, du lundi au samedi de 10 h à 22 h. Pour la joindre, téléchargez l’application Línea Libre, appelez le 1515 ou rendez-vous sur www.linealibre.cl.
À propos de cette édition. Version web de la revue Por un Mundo sin Abuso (Pour un monde sans abus) n° 12 (mai 2021), publiée en PDF par la Fundación para la Confianza, avec les coquilles corrigées. Les chiffres et les références légales sont ceux de la date de la revue. La Línea Libre mentionnée dans ce numéro est aujourd’hui suspendue. Télécharger le PDF original (en espagnol)
Équipe éditoriale. Valentina Correa, directrice par intérim. Verónica Uzcátegui, rédactrice en chef. Nicole del Río, Ignacio Flores et Marcela Valdebenito, collaborateurs. Cristhian Sotomayor, conception graphique et mise en page. Adresse : José Ramón Gutiérrez 269, Santiago. Courriel : contacto@paralaconfianza.com. Téléphone : 56 9 62272718.
Traduction de la Fundación Para la Confianza. En cas de différence, la version espagnole prévaut. Version espagnole.
