Revue · n° 6 · Fundación para la Confianza · novembre 2020
Revue Por un Mundo sin Abuso · Novembre 2020 : ACODE, accueillir, soutenir et orienter
Numéro de novembre 2020 : le sigle ACODE (accueillir, soutenir et orienter) face à la révélation d’un abus sexuel, un entretien avec la fondatrice du Jardín Azulillo, des chiffres de prévalence des abus sexuels sur enfants, comment porter plainte et des conseils de Línea Libre.
Sommaire
Que signifie la confiance pour moi ?
Témoignage · Luciano Celis, responsable du vivre-ensemble scolaire (Encargado de Convivencia) du Colegio Mercedes Marín et interlocuteur de nos Alianzas Para la Confianza (alliances pour la confiance)
Tout au long de mon parcours professionnel, j’ai toujours cherché à instaurer la confiance comme base du vivre-ensemble entre les membres de la communauté, parce que je crois fermement que chaque personne a de la valeur par ce qu’elle est et par tout ce qu’elle peut apporter à la société. Pourtant, c’est un objectif qui devient chaque jour plus difficile quand nous nous trouvons dans des environnements fondés sur la compétition, l’ignorance et la méfiance que le monde peut nous présenter.
C’est pourquoi je suis reconnaissant que, sur ce chemin, viennent s’ajouter des personnes ou des institutions comme la « Fundación Para la Confianza », avec sa grande équipe humaine, car elles ont su être un soutien dans des moments cruciaux pour savoir comment aborder certains cas, et aussi des moteurs de changement dans la manière dont l’abus a été normalisé ou rendu invisible pendant des décennies dans notre pays.
Je partage pleinement les idéaux que promeut la fondation, parce que ce sont les mêmes qui m’ont mû toute ma vie, dans le personnel comme dans le professionnel ; je tiens aussi à souligner que c’est cette même équipe qui, à chaque instant, incarne les valeurs qui la soutiennent, une institution crédible et cohérente avec sa vision et avec l’apport qu’elle fait à la société.
« Pouvoir ouvrir mon cœur sans peur, avec l’espoir de contribuer à un avenir sans abus, en sachant que je ne suis seul à aucun moment. »
Ces jours-ci, la confiance est devenue un bien très rare et peu de personnes savent l’apprécier ; cependant, j’ai ressenti cette confiance pendant le temps où nous avons travaillé côte à côte, y compris dans des situations qui sortent du cadre professionnel, et pour moi, c’est cela, la confiance : pouvoir ouvrir mon cœur sans peur, avec l’espoir de contribuer à un avenir sans abus, en sachant que je ne suis seul à aucun moment.
Merci beaucoup !
Luciano Celis
Être attentif ou attentive aux indicateurs d’abus
Le décalogue de la prévention de l’abus · Règle 6 · José Andrés Murillo
Prévenir les violences sexuelles faites aux enfants exige de comprendre leur réalité et leurs dynamiques, comme nous l’avons proposé dans la règle 5. Mais il est aussi important d’en savoir plus sur la manière dont elles se manifestent, surtout au début. Dans bien des cas, l’abus sexuel commence par de petits rapprochements, des manipulations, des exigences de garder un secret, des manques de respect qui finissent par se normaliser.
Même si la plupart des manuels décrivent des indicateurs physiques qui peuvent être des signes qu’un abus sexuel est en train d’être commis, ceux-ci peuvent être équivoques et il faut être prudent au moment de les évaluer. Tu trouveras ici une liste de ces indicateurs, avec la mise en garde nécessaire, car il ne s’agit pas d’indices mathématiques. Ces indicateurs varient aussi selon les âges. Pourtant, les indicateurs contextuels sont aussi importants que les indicateurs physiques, psychologiques et comportementaux.
J’appelle à être attentifs aux contextes ou climats relationnels abusifs, où priment l’imposition de l’autorité ou la manipulation, le mensonge ou l’ambiguïté dans les relations, la dénigration et l’abus de pouvoir et de conscience. En tant que fondation, nous sommes convaincus que la première prévention vient de la création d’un contexte protecteur et respectueux. C’est pourquoi la première manifestation de l’abus vient aussi d’un contexte devenu abusif.
Quand une relation, une équipe de travail ou un climat familial commence à se troubler, il faut y prêter attention, intervenir, demander de l’aide. Ou lorsqu’un enfant ou un adolescent manifeste des indicateurs qui pourraient être causés par un abus, il faut aussi intervenir. Il est probable qu’il s’agisse seulement d’un mauvais moment ou qu’il y ait une autre situation stressante ou traumatique. Alors, pour cette même raison, il faut demander de l’aide, puisqu’il faut répondre à sa manière de demander du secours.
José Andrés Murillo
Pour prévenir, nous mettons en œuvre ACODE à la Fundación Para la Confianza
Nouvelles de la Fundación para la Confianza · Martín Navarro
Les abus sexuels sur enfants (ASI) sont un phénomène relationnel qui constitue une atteinte aux droits et touche différentes sphères de la vie de l’enfant ou de l’adolescent qui en est victime.
Vu la complexité du sujet, la révélation d’un abus sexuel par l’enfant ou l’adolescent se présente comme un processus complexe, qui demande un accueil et un soutien adaptés de la part de la personne qui reçoit le récit. C’est pourquoi toutes les personnes adultes qui travaillent avec des enfants et des adolescents, que ce soit dans le milieu éducatif, extrascolaire, résidentiel ou autre, doivent savoir comment agir face à une révélation, et le faire toujours depuis leur rôle de garantes des droits.
En parlant particulièrement du milieu éducatif, il existe le mythe selon lequel seul le corps enseignant doit être formé pour recevoir une révélation d’abus, puisque ce sont les personnes les plus en contact avec les élèves. Ainsi, une grande partie de la communauté scolaire, appartenant à d’autres catégories, comme le personnel administratif, la direction ou les employés, semble exemptée de cette responsabilité.
À la Fundación Para la Confianza, nous insistons : toute personne adulte qui fait partie d’un établissement d’enseignement peut recevoir une révélation ; les conséquences de ne pas accueillir correctement un récit d’abus peuvent être extrêmement dommageables. Dans cette optique, il est vital non seulement de savoir accueillir une révélation d’abus sexuel, mais aussi de soutenir de manière appropriée les enfants et les adolescents, et de connaître les protocoles internes de chaque contexte, pour pouvoir les activer et procéder à une orientation adéquate.
C’est pourquoi la Fundación Para la Confianza a forgé le terme A.C.O.D.E. Ce sigle, qui signifie Acoger, Contener y Derivar (accueillir, soutenir et orienter), réunit les étapes qui doivent se dérouler après la révélation d’un abus sexuel et donne les lignes directrices pour agir face aux situations de révélation. Nous détaillons ci-dessous chacune des lettres :
- AccueillirÉcouter le récit dans le calme et le respect, dans un espace sûr, en lui accordant d’emblée crédit
- SoutenirÉcouter avec calme, faire sentir la protection et préciser que l’enfant n’est en aucun cas coupable
- OrienterActiver immédiatement le protocole de l’établissement, aussi bien en cas de soupçon que de certitude
Qu’est-ce qu’accueillir ?
Accueillir, c’est écouter le récit de l’enfant ou de l’adolescent dans le calme et le respect. Idéalement dans un espace sûr ou dans un lieu où l’enfant se sent protégé. Accueillir un récit de ce type doit s’accompagner d’un crédit accordé d’emblée au récit de celui ou celle qui a été victime d’abus ou de maltraitance. Il est très important de se rappeler que, pour la personne qui révèle, c’est un nouvel acte de confiance envers un autre, et que cet acte de confiance mérite une réponse à la hauteur.
Qu’est-ce que soutenir ?
Soutenir l’enfant qui révèle, c’est écouter calmement son récit et lui faire sentir la protection. Il est important qu’il ou elle se sente en sécurité avec l’adulte au moment de raconter son expérience. Des commentaires comme « je vais m’en occuper » sont très puissants et peuvent soutenir l’enfant. Au moment de soutenir, il est très important de lui préciser qu’il ou elle n’est en aucun cas coupable de la situation qui l’affecte.
Que signifie orienter ?
L’acte d’orienter commence par l’activation immédiate du protocole d’action face aux situations de maltraitance, de harcèlement ou d’abus sexuel dont dispose l’établissement concerné. Dans les institutions éducatives, ce protocole doit figurer dans le règlement du vivre-ensemble scolaire (Reglamento de Convivencia Escolar).
Toute personne peut recevoir une révélation ou voir des indicateurs qui laissent penser qu’il existe une situation d’abus ; il importe donc de souligner que le protocole s’active aussi bien en cas de soupçon que de certitude d’un abus.
Il est fondamental de tenir compte du fait qu’il faut protéger à tout moment l’intimité et l’identité de l’enfant ou de l’adolescent, sans exposer cette expérience au reste de la communauté, afin d’éviter de nouvelles victimisations.
Cette orientation initiale se fait de la personne qui reçoit la révélation ou le soupçon d’abus vers les responsables identifiés au sein de l’établissement pour accueillir ce type de faits, et ceux-ci activent ensuite les institutions et organismes qui peuvent prendre en charge de manière spécialisée l’atteinte aux droits.
Ainsi, la connaissance d’ACODE devient extrêmement importante dans toute institution où l’on travaille avec des enfants et des adolescents, pour que le processus de révélation bénéficie d’un accompagnement réel et éthique qui permette de protéger l’enfant ou l’adolescent.
Enfin, outre la connaissance et la formation à ACODE, il faut promouvoir des espaces de soin de soi et de prévention, en établissant des canaux de communication clairs entre les catégories de personnel. On cherche ainsi à favoriser la confiance et le dialogue dans des espaces qui protègent, d’une part, la communauté et qui soient aussi, d’autre part, préparés à faire face aux situations d’abus qui pourraient survenir en son sein.
Martín Navarro
« Le travail avec la fondation est l’un des jalons les plus significatifs de l’histoire du Jardín »
Entretien · Guadalupe Rodríguez, fondatrice du Jardín Azulillo · Par Nicole del Río
À l’occasion de la Journée mondiale pour la prévention des abus sexuels sur enfants (19 novembre), nous avons parlé avec Guadalupe Rodríguez, fondatrice du Jardín Azulillo, une communauté éducative qui s’est souciée dès le premier moment de prévenir l’abus sexuel dans la petite enfance. Et qui a voulu nous transmettre aujourd’hui l’importance de la bientraitance, de la confiance lucide et du rôle que nous avons toutes et tous comme tierces personnes protectrices.
Le Jardín Azulillo est né en 1992 comme un tout petit projet, raconte Guadalupe, mais avec un regard différent sur l’éducation de la petite enfance de l’époque. Avec son mari et sa sœur, elle a construit des salles derrière la maison de son père. Celui-ci était architecte et avait l’expérience de projets éducatifs ; il a donc beaucoup insisté sur la nécessité de créer des espaces ouverts et visibles de l’extérieur vers l’intérieur, pour prévenir les situations d’abus. Parmi les fondements du Jardín Azulillo, il y a le respect de chaque enfant ; dès le début, il y a donc eu une conscience de la protection et du soin de chacun et de chacune, et avec le temps, de manière très intuitive, un protocole de prévention des abus sexuels sur enfants a été créé.
Après avoir vu ce qui se passait au Chili à propos de l’abus, le Jardín Azulillo a mis un accent de plus en plus grand sur la formation de l’équipe et des familles, en organisant des conférences annuelles avec une psychologue experte du sujet. Ensuite, une formation d’équipe a été faite avec José Andrés Murillo, puis ils ont pris la décision de travailler avec la Fundación Para la Confianza. Pendant deux ans, ils ont fait partie des Alianzas Para la Confianza, un projet dont l’objectif est d’actualiser et de valider le protocole de prévention et d’action en cas de maltraitance et d’abus sexuel sur enfants.
« Le travail avec la fondation est l’un des jalons les plus significatifs de l’histoire du Jardín parce que, en tant qu’établissement éducatif, nous devons assumer la responsabilité d’être garants de la bientraitance et du respect des droits des enfants ; nous avons le devoir et l’urgence de nous informer et de travailler en permanence pour un monde sans abus. »
En ce sens, l’un des grands apprentissages est que la bientraitance est le fondement de la prévention et qu’elle doit s’installer partout, y compris dans la famille, dans l’éducation et dans la communauté tout entière, parce que « si les enfants sentent que les adultes autour d’eux ont des conduites où, par exemple, ils se soucient de ne pas les mettre mal à l’aise, qu’ils sont capables de demander… cela, c’est déjà une protection. Et s’ils sont avec un autre adulte qui, lui, les met mal à l’aise, alors ils peuvent dire “non, moi, on ne me traite pas comme ça”. »
Pour Guadalupe, avoir construit ce protocole dans un processus participatif en fait une expérience vivante et non quelque chose qui est rangé dans un tiroir. « C’est avoir un outil concret auquel non seulement nous pouvons recourir, mais qui doit être là. Et c’est, au fond, faire en permanence partie de la lutte contre l’abus ; c’est quelque chose qui s’intègre, ce n’est pas que l’an dernier j’étais là-dedans, c’est quelque chose qui s’installe, lutter contre l’abus fait partie de ce que tu es en tant que personne. » Enfin, elle souligne l’importance de comprendre la confiance lucide, de comprendre que nous pouvons toutes et tous être des tierces personnes protectrices et que nous pouvons toujours lutter contre l’abus, où que nous soyons.
Prévalence de l’abus dans le monde
Actualité · Fernanda Peñaloza
À la lecture des mots abus sexuels sur enfants (ASI), on pense à des images en noir et blanc de violence et de silence. Ce ne sont pas seulement les pensées qui sont secouées, mais aussi le corps, qui entre en contact avec des émotions assourdissantes.
L’ASI est une réalité et, plus encore, un problème mondial. Les chiffres qui le reconnaissent avertissent de manière bouleversante de la réalité de nombreux enfants. Combien d’enfants et d’adolescents subissent des abus chaque année ? Combien ont pu le révéler ? La prévalence est la mesure qui permet de savoir combien d’enfants ont été victimes d’atteintes dans la sphère sexuelle pendant une période limitée et au sein d’une population déterminée ; elle permet d’identifier la fréquence du phénomène, d’estimer sa probabilité et de formuler des hypothèses explicatives à son sujet.
À l’échelle mondiale, l’ASI est considéré comme le problème de santé à la plus forte prévalence, atteignant 12 % ; on indique qu’1 enfant ou adolescent sur 10 est victime de cette atteinte. L’Afrique est le continent où la prévalence est la plus élevée (34 %), suivie de l’Asie (23,9 %), de l’Amérique (10,1 %) et de l’Europe (9,2 %). Du point de vue du genre, l’OMS indique qu’1 femme sur 5 et 1 homme sur 13 déclarent avoir subi un ASI avant 18 ans (20 % et 8 % de prévalence respectivement). C’est en Australie que l’on trouve le pourcentage le plus élevé de filles victimes d’abus (21,5 %), et en Afrique, de garçons (19,3 %). Quant à l’âge, on estime que les plus vulnérables sont les enfants d’âge scolaire, l’âge moyen étant de 10 ans. Les filles courent un plus grand risque de subir des abus à un âge plus précoce et pendant une période plus longue, et les garçons, à des âges plus tardifs et pendant une période plus brève.
- 12 %Prévalence mondiale des abus sexuels sur enfants : 1 enfant ou adolescent sur 10
- 1 sur 5 et 1 sur 13Femmes et hommes qui déclarent avoir subi des abus sexuels dans l’enfance avant 18 ans (20 % et 8 %, selon l’OMS)
- 6 %Du total des atteintes dans la sphère sexuelle que l’on estime signalées
Au Chili, l’UNICEF indique que, parmi les 71 % d’enfants et d’adolescents qui ont subi une forme de maltraitance, 9 % relèvent de l’ASI. 55 % indiquent qu’il s’agissait d’un événement unique ; 24 %, qu’il a été répété ; et 12,2 %, qu’il a été fréquent. De son côté, l’Enquête nationale de victimisation pour violence intrafamiliale et délits sexuels indique que la prévalence de l’ASI est de 7,3 % et que, comme le montre la tendance mondiale, on estime qu’au Chili les filles subissent deux fois plus d’abus sexuels que les garçons (9,9 % et 4,7 % respectivement).
Malgré cela, il existe un chiffre noir pour les cas d’ASI identifiés. L’OMS indique que les mesures de prévalence sont influencées par les définitions de l’ASI, par la méthodologie de recherche et par la manière d’aborder les faits aux niveaux politique, social et familial, ce qui rend difficiles leur révélation et leur signalement (on estime que seuls 6 % du total des atteintes dans la sphère sexuelle sont signalées). Cela produit une grande variabilité des résultats à l’échelle mondiale, et même entre différentes études locales.
Actuellement, il est important de considérer comment les ravages de la pandémie de COVID-19 influenceront les futures mesures de prévalence de l’ASI, car les plaintes pour atteintes aux droits ont considérablement diminué ces derniers mois. Non pas, précisément (et malheureusement), parce que ces atteintes auraient cessé, mais parce que les processus de révélation et de plainte ont été interrompus ou privés de moyens. Cela pose dès maintenant un grand défi, non seulement sur le plan de la recherche, mais surtout aux niveaux politique, social et familial, niveaux à partir desquels doivent être garantis les canaux de révélation, de plainte, d’accompagnement et de réparation pour tous les enfants qui subissent des abus sexuels.
Fernanda Peñaloza
Comment porter plainte ?
Actualité · Infographie de la revue
- OùParquets (Fiscalías), Carabineros (police nationale), Policía de Investigaciones (PDI, police judiciaire chilienne) ou tout tribunal compétent en matière pénale
- Que signalerÉpoque et lieu des faits, identité de la personne qui les a commis et de la victime, témoins ou preuves, et un récit précis
- Et ensuiteEnquête, formalisation de l’enquête (formalización), mesures provisoires et, à la fin, non-lieu (sobreseimiento), accusation (acusación) ou décision de ne pas poursuivre
Où
Selon la loi, les plaintes pénales peuvent être déposées directement dans les bureaux du ministère public (parquets), auprès des Carabineros, de la Policía de Investigaciones ou devant tout tribunal compétent en matière pénale.
- Il est possible de déposer la plainte au commissariat le plus proche de l’endroit où vous vous trouvez.
- Au parquet, on peut aussi déposer la plainte par courriel, au moyen d’un formulaire sur le site web.
- Il y a également la possibilité de se rendre à la caserne de police la plus proche de chez vous ou d’appeler le 134.
Informations
- L’époque à laquelle les faits se sont produits.
- Le lieu où les faits se sont produits.
- L’identité de la personne qui a commis l’infraction. L’identité de la victime.
- Si vous le pouvez, indiquer les témoins ou les éléments de preuve que vous avez.
- Un récit précis des faits délictueux.
Procédure
Les Carabineros ou la PDI transmettent les éléments au parquet pour que soient ordonnées les premières diligences. Si la plainte a été déposée directement auprès du parquet, le procureur le fait directement.
- Enquête. Si l’enquête est ouverte, le procureur ordonne les diligences nécessaires pour établir ce qui s’est passé, qui y a été impliqué et dans quelles circonstances l’infraction s’est produite.
- Formalisation de l’enquête (formalización). Lorsque le parquet a pu établir l’existence de l’infraction et la participation de la personne mise en cause (imputado), il formalise l’enquête. C’est la communication que fait le procureur à la personne mise en cause qu’une enquête est menée contre elle.
- Mesures provisoires. Différentes mesures provisoires peuvent être demandées afin de protéger la victime, la société ou l’enquête, pendant la durée de la procédure. La mesure provisoire n’est pas une sanction.
- Non-lieu (sobreseimiento). Faits enquêtés ne constituant pas une infraction, constat que la personne mise en cause est innocente, extinction de la responsabilité pénale, entre autres. Fin de la procédure.
- Accusation (acusación). Lorsqu’il y a suffisamment d’éléments pour juger la personne mise en cause. Elle donnera lieu à un procès.
- Décision de ne pas poursuivre. Lorsque l’enquête n’a pas réuni suffisamment d’éléments. Elle permet la réouverture de la procédure si de nouveaux éléments apparaissent.
Conseils
Conseils · Línea Libre (ligne d’écoute de la Fondation pour les enfants et les jeunes)
Quand quelqu’un te raconte qu’il ou elle a été victime d’abus sexuel, ne dis jamais :
- « Mais comment ça ! Il ou elle est tellement gentil(le), je ne crois pas qu’il ou elle ait fait une chose pareille. »Pourquoi ? Il est important de ne pas porter de jugement sur ce qu’on te raconte. Le moment où la personne le fait est très complexe et difficile pour celle qui raconte, pour celle qui se confie ; répondre par un jugement (bon ou mauvais) met la victime en insécurité et ne lui apporte pas le soutien dont elle a besoin.
- « Bon, mais qu’est-ce qui s’est passé d’autre / qu’est-ce qu’il ou elle t’a fait d’autre ? »Pourquoi ? Il ne faut pas pousser à donner plus de détails ; la victime, quand elle parlera, te racontera ce qu’il faut pour que tu saches ce qu’elle a vécu, le reste n’est pas indispensable. Il faut accepter ce qu’on nous raconte, croire. Écoute avec attention, avec affection et respect.
- « Moi aussi, je l’ai vécu, alors du calme, ça va passer… »Pourquoi ? Chaque personne est différente, chaque corps et chaque esprit réagissent différemment à ce qui nous arrive ; c’est pourquoi il ne faut jamais minimiser ce que chacun(e) ressent, ni supposer que, parce que certain(e)s l’ont surmonté, ce sera un processus semblable pour d’autres. Ne juge pas, accompagne la personne qui te raconte à son rythme et en prenant son temps.
- « Mais, tu es sûr(e) que c’est arrivé ? »Pourquoi ? Juger la victime ou la mettre en insécurité peut rendre plus difficile pour elle de refaire confiance à quelqu’un pour le raconter, et donc lui coûter beaucoup plus de demander de l’aide. C’est pourquoi il est important de toujours se disposer à ne pas mettre en doute ce qu’on nous dit, et de réaffirmer qu’il est bien qu’on nous le raconte.
Alors, que dire ?
Voici quelques phrases qui peuvent t’orienter :
- Tu n’es pas seul(e).
- Du calme, je vais t’aider.
- Tu es très courageux(se) de me raconter cela.
- Rien de tout cela n’a été ta faute.
- Cette situation est très injuste pour toi.
- Ensemble, nous allons chercher de l’aide.
Fais attention à
- Ne pas faire de promesses que tu ne pourras pas tenir (par ex. : « tu n’auras plus jamais à raconter cela », parce qu’on ne sait pas si ce sera vraiment ainsi).
- Si la victime est majeure, ne pas faire pression pour qu’elle porte plainte : c’est la personne qui a été victime qui doit en décider, quand elle se sentira prête à affronter une procédure judiciaire. Veille à ce qu’elle bénéficie d’un soutien émotionnel.
- Si la victime a moins de 18 ans, tu dois porter plainte, selon la loi.
Rappelle-toi que
Si tu ne penses à personne qui puisse t’écouter ou t’accompagner, nous, #EstamosContigo (nous sommes avec toi). Si tu es un enfant, un adolescent ou un(e) jeune, parlons de ce qui t’arrive, cherche du soutien auprès de nos psychologues de Línea Libre : ce sont des professionnels et ils peuvent t’aider à contenir ce que tu ressens, de manière confidentielle et gratuite, de 10 h à 22 h, du lundi au samedi. Contacte-nous en téléchargeant l’application « Línea Libre », en appelant le 1515 ou en allant sur www.linealibre.cl.
À propos de cette édition. Version web de la revue Por un Mundo sin Abuso (Pour un monde sans abus) de novembre 2020 (la couverture porte le numéro 6), publiée en PDF par la Fundación para la Confianza, avec les coquilles corrigées et de nouveaux graphiques qui résument le contenu. Les chiffres et les références légales sont ceux de la date de la revue. Línea Libre, mentionnée dans ce numéro, est aujourd’hui suspendue. Télécharger le PDF original (en espagnol)
Équipe éditoriale. José Andrés Murillo, directeur. Verónica Uzcátegui, rédactrice en chef. Nicole del Río, Luciano Celis, Fernanda Peñaloza et Martín Navarro, collaboratrices et collaborateurs. Cristhian Sotomayor, conception graphique et mise en page. Adresse : José Ramón Gutiérrez 269, Santiago. Courriel : contacto@paralaconfianza.com. Téléphone : 56 9 62272718.
Traduction de la Fundación Para la Confianza. En cas de différence, la version espagnole prévaut. Version espagnole.
