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Para la Confianza · por un mundo sin abuso
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Livre · Fundación para la Confianza · 2021

10 ans pour un monde sans abus

L’histoire des dix premières années de la Fundación para la Confianza : son origine dans l’affaire Karadima, l’accompagnement des personnes qui ont été victimes d’abus, la formation, le plaidoyer et les témoignages de celles et ceux qui sont passés par elle.

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Les parties du livre dans cette version web.
  • 2010En décembre, la Fondation est constituée et commence à orienter les premières victimes
  • + 50premiers appels ou contacts en une semaine, selon l’équipe de prise en charge
  • 2019l’imprescriptibilité des abus sexuels commis contre des enfants et adolescents est adoptée à l’unanimité
  • + 10 000prises en charge de Línea Libre en 2020
Quelques chiffres donnés par le livre.

Remerciements

Ces dix années de la Fundación para la Confianza n’ont été possibles que grâce au travail engagé de nombreuses personnes.

Parmi elles, nous voudrions souligner :

Alberto Etchegaray, Andrea Armendáriz, Andrea Carvajal Palma, Andrea Ossa, Andrés Alcalde, Andrés Lihn, Andrés Mendiburo, Carol Galleguillos, Carolina Schmidt, Clarisa Mingo, Claudia Contreras, Claudia Fischer, Cristian Neves, Denisse Araya, Elisa García-Huidobro, Fabián Nichel, Fernando Brierley, Fernando Paulsen, Francis Valverde, Francisca Cummins, Francisca Garrido, Francisca Reyes, Gabriel Guzmán, Isabel García-Huidobro, Isabel Margarita Gabrielli, Iván Zamora, Juan Pablo Fernández, Leontina González, Macarena Mayol, Marcela Paz (Isonauta) Peña, María Paz Dominguez, María Soledad Latorre, Matías Provoste, Maureen Locke, Natalia Roa, Nicolás de Cannière, Olivia Lihn, Patricio Walker, Paulina de Río, Pedro Pablo Achondo, Sandra Radic, Sebastián Balmaceda, Sergio Canales, Susana Canella, Trinidad Sánchez, Valerie Elgueta, Verónica Irarrázabal, Víctor Pellegrini, Ximena Aguiar et Ximena Carrasco.

À Juan José Soto et à l’équipe de Let’s Talk. À l’équipe de l’agence Leche, en particulier à Ángela Stuardo et Sibella Soto ; à l’équipe d’avocates et d’avocats du cabinet Hermosilla, en particulier à Josefina Gutiérrez, Grace Schmidt, Pedro Sepúlveda, Carlos Toloza, Manuela Tironi, Karen Soto, Melina Consello et Pablo Carvacho ; à Gabriel Jefferies, de l’agence Mayo. À Cristóbal Braun, de CBRA Films ; et à Nexweb, en particulier à Cristián Echeverría et Kelly Cárdenas.

Merci également à Amparo Moreno, Vittorio Marisio, Patricia Alonso et Manuel Valech pour leur soutien.

À l’équipe exécutive actuelle de notre fondation : José Andrés Murillo, Valentina Correa, Verónica Uzcátegui, Catalina Venegas, Nicole Del Río, Paula Vergara, Diego Riveros, Sofía Aliaga, Elvira Vergara, Arturo Greene, Lidys Banda, Laura Baeza, Carolina Castro, Camila Hidalgo, Antonia Samaniego, Silvia Navaéz, Alejandra Acosta, Catalina Piraino, Bernardita Peralta, Francisco Aylwin, Josefa Bertolotto, Caribay Zambrano, María José Kaufmann et José Miguel Silva.

En mémoire de Rafael Urrutia Bunster, Sebastián Correa Murillo, Catalina Vela Montero, Etienne Tassin, Humberto Giannini et Alejandro Correa Correa.

Et nous voulons remercier tout particulièrement toutes les personnes qui, avec courage, ont offert généreusement leur témoignage à ce projet. Merci, car c’est grâce à leur disponibilité et à leur affection que cette histoire a été construite.

Préface

Par Marcela Aranda Escobar

Mon expérience avec la Fundación para la Confianza s’entremêle à mes propres expériences, terrifiantes et déchirantes, d’abus sexuels, fondés sur le pouvoir et sur l’abus de conscience, commis par le prêtre jésuite Renato Poblete Barth. Les faits qui vont de ma première connaissance de la Fondation jusqu’au moment où j’ai vécu en personne l’accueil plein d’amour et reçu le soutien généreux et inconditionnel de ses membres ont été le trésor le plus précieux, celui qui a marqué le passage de l’horreur et de l’angoisse à l’espoir, d’une survie vacillante à la vie.

De la création de la Fundación para la Confianza en 2010 jusqu’en 2018, ce que je savais d’elle était très vague et imprécis. Lorsque James Hamilton fut invité par un collègue à la faculté de théologie de l’Université pontificale catholique du Chili pour donner une conférence sur les séquelles de l’abus du point de vue médical, j’eus pour la première fois une information plus concrète et directe sur son existence. Toutefois, la première fois que j’approchai sa vision et sa mission, ce fut lorsque Juan Pablo Hermosilla, avocat de la Fondation, donna en octobre 2018 une conférence sur les abus en contexte ecclésiastique à la faculté de théologie, devant une vingtaine d’universitaires.

Les jours précédents, j’avais commencé à me souvenir des horribles abus sexuels, abus de conscience et abus de pouvoir dont j’avais été l’objet pendant longtemps, dans ma jeunesse. Pour une raison ou une autre, peut-être parce que je voulais me libérer de la douleur et de l’angoisse qui m’oppressaient, ce jour-là, de manière inattendue, j’ai témoigné devant toutes les personnes présentes que j’avais été victime d’abus de la part d’un prêtre et contrainte d’avorter. Et j’ai aussitôt demandé à l’avocat comment on pouvait retrouver la confiance après avoir subi cette épouvantable expérience. Je me souviens qu’il m’a regardée droit dans les yeux et que, d’une voix posée, il m’a raconté l’histoire d’une petite fille que ses parents avaient amenée à la Fondation, et comment elle avait peu à peu retrouvé la joie de vivre. J’ai perçu, encore de manière indéterminée, qu’il existait un chemin que je ne connaissais pas, par lequel je pouvais guérir et reconstruire ma vie.

Plusieurs semaines passèrent après cette conférence. Je plongeai dans l’enfer de l’horreur et de la folie à mesure que de nouveaux souvenirs, plus épouvantables encore, surgissaient par les fissures de ma conscience, ouvrant une blessure lancinante et sanglante. À cette époque, j’ai voulu exprimer cette terrible expérience par des tatouages, pour laisser sur ma peau un témoignage visuel de ce que je vivais : un phénix fut le premier, pour symboliser la résurrection à partir des cendres de ma vie pulvérisée par les années d’abus et leurs effets. Je me suis fait cinq autres tatouages jusqu’à la fin novembre ; ils symbolisaient la lutte que je commençais à mener pour survivre. C’est à ce moment-là qu’un collègue et ami m’aida à obtenir un entretien avec Juan Pablo Hermosilla, et qu’il m’accompagna alors pour commencer un processus de guérison, dans lequel la Fondation m’a aidée de manière inconditionnelle.

Dans son bureau, inondé par les rayons du chaud soleil de novembre 2018, je lui ai raconté mon histoire douloureuse, pleine d’horreur, d’angoisse et de peur. Ainsi a commencé un processus de guérison qui a reposé sur deux piliers fondamentaux : le soutien juridique et la prise en charge psychologique. À partir de ce moment, même si Juan Pablo Hermosilla est devenu pour moi le visage visible et accueillant de la Fundación para la Confianza, derrière ce travail il y a eu une grande équipe de personnes qui ont été pour moi un soutien indispensable.

L’assistance juridique gratuite offerte par la Fondation est fondamentale dans le processus de guérison d’une victime d’abus, et elle est indissolublement liée au soutien émotionnel, dans des moments d’extrême fragilité. En effet, quand vous sentez que votre avocat est une personne qui vous accueille, vous écoute et vous croit, c’est le premier pas pour recommencer à faire confiance, même si ce pas est si difficile à faire à cause de la peur épouvantable de ne pas être crue. Et cela a pour conséquence qu’après des années d’appréhensions qui vous ont empêchée de créer des liens sains avec d’autres personnes, vous sentez que vous commencez à abattre les murs qui vous ont tenue à l’écart du monde.

Ensuite, dans un deuxième temps, vient le soutien de votre avocat pour que vous portiez plainte, et il vous accompagne à l’endroit où vous devez le faire. C’est un instant terrifiant, et il est vital de se sentir épaulée par quelqu’un qui ne veille pas seulement aux aspects juridiques, mais qui est à vos côtés et vous soutient pendant que vous racontez votre horrible expérience d’abus, ce qui est très dur, parce que vos mots s’accompagnent de l’expérience épouvantable de sentir à nouveau comment on abusait de vous. Qu’à ce moment-là quelqu’un vous soutienne est d’une importance absolue et marque la limite entre la survie et l’anéantissement total.

C’est un soutien vital, quelque chose comme l’air pour respirer, qui ouvre le chemin de l’espoir d’une vie digne.

Le réseau de prise en charge psychologique qu’offre la Fundación para la Confianza est un autre des précieux apports aux victimes d’abus. Ce sont eux qui m’ont recommandé la psychiatre qui me suit depuis décembre 2018 jusqu’à aujourd’hui. La thérapie et les médicaments vous aident à équilibrer vos émotions, surtout l’angoisse épouvantable et les idées suicidaires qui, telles des forces obscures, paralysent complètement votre instinct de survie. En outre, la consultation devient l’espace sûr et protégé où vous pouvez exprimer vos expériences les plus douloureuses, découvrir les séquelles que le traumatisme a laissées en vous et recevoir les outils pour pouvoir les guérir. C’est un processus terriblement déchirant, mais absolument nécessaire pour survivre et recomposer votre vie. C’est, par analogie, le passage de la chrysalide dans laquelle votre vie était restée enfermée au papillon qui émerge, beau, resplendissant et prêt à prendre son envol vers la liberté et l’espoir.

Il ne me reste qu’à exprimer mes plus sincères remerciements à la Fundación para la Confianza pour m’avoir accueillie et soutenue, et ainsi avoir sauvé ma vie de l’abîme obscur de l’abus, en me donnant l’espoir qu’il est encore possible de vivre.

C’est de cela que parle ce livre : du chemin parcouru pour arriver jusqu’à ce point où il est possible de retrouver la liberté et l’envie de vivre, et des centaines d’histoires que la Fundación para la Confianza a pu connaître, et accompagner.

À propos de cette édition. Version web du livre 10 ans pour un monde sans abus (10 años por un mundo sin abuso), publié en PDF par la Fundación para la Confianza en 2021 (première édition imprimée à 500 exemplaires, Ograma Impresores ; ISBN 978-956-402-822-4). Direction : José Andrés Murillo. Coordination générale : Nicole Del Río. Recherche et rédaction : Benjamín Gálvez. Direction artistique et conception graphique : Cristhian Sotomayor. Illustrations : Jesu Villa et Cristhian Sotomayor. Édition : Natalie Sève. Dans cette version, les coquilles ont été corrigées et des graphiques qui résument le contenu ont été ajoutés ; les illustrations des personnes qui témoignent ne sont pas reproduites. Les chiffres, les fonctions et les références juridiques sont ceux de la date du livre. Télécharger le PDF original (en espagnol)

Traduction de la Fundación Para la Confianza. En cas de différence, la version espagnole prévaut. Version espagnole.